(L'Equipe)

Simone : «Entraîneur, c'est le métier le plus facile»

Nommé coach de Tours cet été, Marco Simone nous a reçu dans son bureau. Pas du toutéchaudé ni découragé par ses débuts hésitants dans le métier, il détaille sa vision du job.

Déjà immergé dans son nouveau club, Tours, et une profession qu'il découvre encore, Marco Simone nous a reçu dans son bureau fonctionnel, moderne mais pas très grand. Enfin, c'est nous qui le trouvons un peu juste, pas le locataire, au contraire épaté par la dizaine de terrains d'entraînements qui jouxtent le stade de la vallée du Cher. «Il y a ici des installations dignes de la L1», dit-il avant de répondre à toutes les légitimes questions que peut poser son retour en France après des saisons en demi-teinte à Monaco puis à Lausanne. Adepte de la franche parole, Simone n'élude aucune question et remet les choses en perspectives.

Ses débuts difficiles

«C'est la première fois que mon équipe est à la première journée a égalité de points avec tout le monde! L'année dernière, je partais avec un handicap de 15/20 points. J'ai donc déjà amélioré mes résultats sans rien faire! C'est quand même difficile de toujours jouer les pompiers.»

Sa manière d'être

«Je ne suis pas là - et je l'ai dit à mon équipe - pour donner des leçons de football. Je suis là pour être le premier soutien de chacun d'entre eux et pour l'équipe.»

Ses ambitions à lui

«Je ne cherche rien à prouver. J'ai envie de faire quelque chose de bien pour ma carrière, pas pour mon plan de carrière, parce que j'ai envie de progresser.»

Ses ambitions tourangelles

«On m'a demandé de construire quelque chose cette année. De faire une saison tranquille pour arriver l'an prochain avec une équipe compétitive, un budget libéré de ses dettes et donc l'idée de monter en L1.»

Le making of

Lieu : Son bureau
Durée : 1 heure, 6 minutes, 44 secondes.
Boissons consommées : rien. Deux chameaux face à face.
Tenue : Maillot noir, short noir, barbe plus sel que poivre. 
Niveau de connivence avec l’intervieweur, Jean-Marie Lanoë : 8. Il avait envie de montrer ce qu'il avait dans le ventre, envie de prendre son temps pour expliquer son mode de fonctionnement, sans frime aucune.
La question que l’on a oublié de lui poser : «A-t-il failli en venir aux mains avec les gens qui empêchaient Lausanne de s'entraîner»? (Voir l'interview)
Nombre de fois où il a regardé sa montre durant l’entretien : 0.
Son tic de langage : Ce n'est pas un  tic, c'est juste une difficulté de la langue française qui consiste à contracter l'article. Bien des entraîneurs étrangers, comme Simone, ont dit ou disent encore "à le" au lieu de "au". On aimerait parler italien comme Simone. 
Note sur sa disponibilité : 10/10. 
Ce qu’il n’a pas eu le temps de dire dans France Football : «J'ai eu un rendez vous extraordinaire sur le plan feeling avec le président rennais René Ruello et il m'a proposé le poste. Mais il fallait attendre la décision - légitime - de Montanier puisque c'est quand même lui le chef au niveau sportif.  Dans l'idée du président, je me serais occupé de façon un peu plus spécifique de la partie offensive de l'équipe. A ce moment là, je n'avais encore pas reçu la proposition de Tours. Franchement je me suis dit pourquoi pas? Après - et j'aurais fait sûrement la même chose - Montanier a dû sûrement faire un autre choix pour des raisons légitimes et que je partage probablement. Tu ne peux pas faire un choix, celui de Marco Simone, de le mettre dans le club si le coach n'est pas d'accord. Je l'ai rencontré et il s'est rendu compte que j'étais un numéro un. Forcément, il a dû dire au président que c'était difficile, même pour moi, d'intégrer un staff et de ne pas y être numéro un. Ce faisant, il a protégé son rôle mais aussi mon statut. A juste titre. Il a dû dire: Marco, c'est pas le meilleur choix et j'aurais ressenti la même chose à sa place. Rien de polémique dans tout ça. Que de la cohérence dans ce qu'est la vie d'un entraîneur
 
Jean-Marie Lanoë, à Tours

Entretien à lire en intégralité dans le France Football en vente dès ce mercredi.