deschamps (didier) (P.Lahalle/L'Equipe)

Didier Deschamps : «Notre système actuel est le plus rationnel pour occuper la largeur et la profondeur»

En préambule des trois prochains matches des Bleus, Didier Deschamps n'a pas échappé à la traditionnelle conférence de presse de début de rassemblement. Il est notamment revenu sur le contexte particulier dans lequel se déroule l'avant-dernier stage de l'équipe de France avant l'Euro. Le sélectionneur a également parlé jeu et tactique.

Sur le rythme effréné pour les internationaux

«Le maître mot, c’est l’adaptation. Si on avait la possibilité de les avoir (les joueurs) plus longtemps, ce serait mieux car on ne peut pas faire de séance collective mais c’est la vie des sélectionneurs. On s’adapte. Les joueurs sont habitués à ça mais oui il y a une fatigue physique et psychologique liée à cette situation sanitaire. Mais c’est le cas de tous les joueurs et sélectionneurs internationaux. Le seul moment où on a l’opportunité de travailler spécifiquement c’est avant les grandes compétitions. Dans les stages, c’est plus aléatoire, notamment maintenant que l’on a trois matches en un rassemblement. D’où l’importance d’avoir des joueurs qui ont un vécu commun. Il n’y a pas le temps de pouvoir travailler tout un tas de détails donc c’est important. »

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Sur les trois rencontres en une semaine

«Je fais en sorte de tout comprendre (le calendrier). On ne m’a pas sollicité pour me demander mon avis. C’est fait avec des données qui rentrent dans un ordinateur qui vous livre ce calendrier-là. Les trois matches, avec deux rencontres à l’extérieur, ça amène des complications supplémentaires mais voilà... Je subis, on subit, mais je ne suis pas là pour mettre en cause qui que ce soit. Cela demande, en amont, une préparation et une organisation. Il faut être vigilant sur tous les petits détails qui vous permettent d’être prêts.»

Sur le meilleur des systèmes

«C’était le moment de voir d’autres choses (lors des précédents rassemblements). Il y a un système (le 4-4-2 ou 4-2-3-1) que l’on connaît bien et dans lequel on a été performants. J’ai toujours considéré que c’était le système le plus rationnel pour occuper la largeur et la profondeur. C’est le système qui permet d’être le mieux organisé sur le terrain mais tout dépend de l’adversaire, aussi, et de ce que celui-ci propose. Je peux réutiliser les autres systèmes que l’on a testés. Ce n’est pas faire en fonction de l’adversaire mais de se demander comment, nous, on va pouvoir faire le plus mal.»

Sur le peu de temps pour observer les joueurs en séance

«Il n’y a pas vraiment de nouveaux et je ne me base pas sur les entraînements pour déterminer le groupe. Les séances seront légères, vous vous en doutez. Dans un monde idéal ce serait mieux de pouvoir faire des séances tactiques, de l’animation défensive et offensive. C’est toujours mieux mais c’est ainsi.»

Le gestion des gardiens a été évoquée par le sélectionneur. (P.Lahalle/L'Equipe)

Sur un éventuel turnover au niveau des gardiens

«Je dégage en touche ! On verra. Il faut que je puisse en discuter avec eux en premier. Hugo est censé jouer mercredi, c’est tout ce que je peux dire. Si tout va bien, il sera là et certainement pour la suite du rassemblement. Mais je sais que je peux m’appuyer sur Steve, Mike et Alphonse qui sont tous des gardiens de très très bon niveau. Je n’ai pas encore anticipé ça, je suis focalisé sur le premier match.»

Sur Raphaël Varane

«Progresser ? C’est quelqu’un que j’ai pris au tout début, il n’était pas encore très connu. Il peut avoir certains matches où il est moins bien mais il s’agit d’un joueur de très très haut niveau qui fait partie des tous meilleurs dans son registre. Il est dans l’anticipation, il est très bon dans le duel... Ce’st une valeur sure, qui fait partie des cadres. La suite ? Il ne m’a pas parlé d’envie de bouger ou d’extérieur. Je sais où il est, il y est bien. Une réflexion sur un départ ne me semble pas d’actualité.»

Sur Ousmane Dembélé

«C’est un joueur qui a montré ses qualités très tôt, qui est encore jeune. Il n’a pas été épargné. Aujourd’hui, il arrive à enchaîner. Il pourrait marquer davantage, gagner en efficacité mais il est déjà au très haut niveau. Qu’il gagne en efficacité, ce serait une bonne chose pour tout le monde. Ca se travaille, oui. En gagnant en maturité on fait peut-être des meilleurs choix. Mais c’est aussi le lot des attaquants que d’être moins efficace de temps en temps. Il a cette capacité à créer des différences. Il ne finit pas toujours bien mais c’est le plus difficile. Mais l’important c’est sa capacité à faire des différences, à marquer, à faire marquer. C’est lui, il a ses fulgurances. Amener davantage de constance, oui, il peut progresser mais je préfère regarder ses qualités. On parle quand même d’un joueur qui est au très haut niveau depuis plusieurs années.»

Sur l'Euro Espoirs

«Je serai attentif. J’aurai un œil sur le match de jeudi mais dimanche et mercredi ce sera impossible car on joue en même temps. Mais j’ai une relation de confiance avec Sylvain pour avoir un retour de sa part. Et il y a les replays. Certains joueurs sont proches du groupe A, oui. L’Euro Espoirs et les deux mois de compétition qu’il reste nous permettront de nourrir notre réflexion.»

Sur l'impact psychologique du Covid

«L’impact ne date pas d’aujourd’hui. La situation est anxiogène, oui. C’est factuel, je ne suis pas en train de me plaindre. C’est la tête qui commande les jambes chez les sportifs donc jouer dans des stades vides, tous les trois jours, être testé en permanence, ça représente quelque chose. Tout est lié. C’est forcément une situation qui est quand même stressante, durant laquelle le moral peut en prendre un coup. C’est comme ça. Je pense que si on nous avait dit que cela durerait aussi longtemps, on aurait eu du mal à y croire. Mais on doit vivre avec. Je ne vais pas me plaindre et les footballeurs non plus. On a le privilège de pouvoir exercer notre métier, ce qui n’est pas le cas de tout le monde.»